liens du 22/02/2016

[risques, sécurité, SNCF]  Les Français ont-ils une relation contextuelle aux règles ? Exploration culturelle à partir du cas de l’accident d’Eckwersheim : Très intéressant mémoire analysant les causes culturelles à l’accident lors du test de la ligne de TGV, centrée notamment sur le rapport aux règles en France.

La règle jouit d’une mauvais image en France

  • Rigide et contraignante, elle est perçue comme une restriction de la liberté individuelle
  • Les français ont tendance à l’adapter au contexte d’une situation donnée
  • Cette tendance constitue un risque pour la culture de la sécurité

Le rapport complet disponible ici

[paiement sans contact] Le paiement sans contact est entré dans les habitudes… en 10 ans. Il a donc fallu 10 ans pour que l’annonce du déploiement à venir du sans contact devienne réalité

Les chiffres du mois de décembre 2015 publiés par le Groupement Cartes Bancaires pour la France sont éloquents.

  • 35,6 millions de cartes bancaires (CB) sont sans contact, soit près de 60% du parc de cartes bancaire11,6 millions de cartes différentes ont été utilisées en sans contact, soit un tiers des cartes sans contact en circulation (en hausse de 12,3%)
  • 33,2 millions de paiements sans contact ont été réalisés pour un chiffre d’affaires de 347,65 M€ (en hausse de 22,4%),
  • et donc plus d’un million de paiement sans contact par jour en France. Et tout cela malgré le fait que…
  • le parc de commerçants installés est de 27,3 % toujours en progression certes mais ne représentant qu’un peu plus d’un quart des commerces. (354 708 commerces équipés en sans contact et environ 510 000 terminaux opérationnels).

liens du 15/02/2016 (rapport de la cour des comptes)

Plusieurs chapitres consacrés  aux transports dans le rapport de la cour des comptes :

Rien de réellement nouveau pour qui aura suivi le dossier, mais une intéressante remise en perspective, 5 ans après la fusion.

Quelques éléments notables : des taux de fraudes qui semblent en progression (depuis 2008). Un profil plutôt jeune et masculin. Et des taux plutôt élevés malgré un tarif plutôt bas.

Le taux parisien, de 8,9 % (chiffre de 2008), était le plus élevé de l’échantillon contre respectivement 1 %, 1,9 %, et 2,18 %, pour les réseaux de bus de Londres, Bruxelles et New York en 2009, sans même évoquer le réseau de bus de Singapour qui déclarait un taux de 0,089 %. S’agissant plus spécifiquement du métro, alors que le métro parisien connaît un taux de fraude oscillant entre 3 % et 5 %, il était de 1,5 % (en 2011) sur les réseaux de New York, Londres et Hong- Kong et de 1,1 % à Rome290. Le taux de fraude sur le métro berlinois était certes en 2012 de 6 %, mais ce taux atypique s’explique par l’absence de barrières de contrôle automatique pour accéder au réseau.

L’importance des taux de fraude sur les réseaux d’Île-de-France est d’autant moins explicable que le prix du titre de transport y est significativement plus bas que sur des réseaux étrangers comparables. Ainsi, avec un prix unitaire en 2015 de 1,80 €291, le ticket unitaire de la RATP figure parmi les plus bas d’Europe : il s’établit à 2,10 € à Bruxelles, 2,70 € à Berlin, et environ 2,82 € à Genève et 3 € à Londres. S’agissant des abonnements mensuels, le coût s’établissait en janvier 2015 à 70 € pour les zones 1 et 2. Ceci le situait dans la moyenne basse des capitales européennes pour des forfaits mensuels de couverture géographique similaire : s’il est de 49 € à Bruxelles ou d’environ 66 € à Genève, il est de 79,50 € à Berlin et de 157,82 € pour le réseau central londonien.

D’une façon générale, sont pointés le manque de coordination entre les différents acteurs, voire chez un même transporteur, la difficulté à maintenir une politique cohérente sur la durée, et la complexité (et la faible efficacité) des procédures de recouvrement.

Sans surprise, le coût global de la fraude pour les opérateurs, et in fine pour la collectivité, est pointé.

 

Parmi les insuffisances : certaines lignes restent très dégradées, un indicateur de perception qui se dégrade, des retards dans la maintenance du réseau.

liens du 10/02/2016 (VTC/taxis)

Grève de taxis : le conflit expliqué en 10 points : Un bon résumé des points de conflits entre les taxis et VTC, au delà de la qualité de service, la question de la maraude, électronique ou non : « La maraude ne représenterait ainsi que 10% de leur activité… [des taxis] ».

Derrière la grogne des taxis, le système Rousselet : Une enquête qui montre une situation Parisienne est assez singulière, avec une position très dominante et puissante d’un des acteurs, les taxis G7, ce qui n’est pas sans effets pervers, dans une activité très réglementée.

Taxis contre VTC : et si on passait à côté de la vraie question ? Ces nouveaux services ne viendraient pas forcément se substituer à l’activité des taxis, mais répondre à une demande non satisfaite aujourd’hui, créer des nouveaux marchés. « selon la même étude, Heetch ne peut être simplement considéré comme un substitut du taxi : les usagers de Heetch l’utilisent 4,7 fois par mois en moyenne, alors qu’ils utilisaient le taxi en moyenne 1,8 fois par mois avant d’utiliser Heetch. En cumulant les usages actuels de Heetch et du taxi, nous aboutissons à une moyenne de 5,1 déplacements par usager et par mois. La plupart des usages de Heetch viennent donc répondre à une demande qui n’était pas satisfaite par les taxis. »
A noter que Paris connaît une pénurie de taxis, comparativement aux métropoles de taille comparables.

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(source de l’image : article de l’obs cité plus haut)

Une étude sur l’impact économique des plateformes VTC : « L’application Uber a transfiguré le  secteur  des  véhicules  de  transports  avec chauffeur  (VTC)  en générant  des  gains  de  productivité considérables. En quatre ans, 10000 emplois de chauffeurs affiliés à la plateforme ont été créés en Ile-de-France. Une simplification administrative du marché des VTC pourrait permettre de  créer plus de  100000 emplois sur le territoire français. Le  cas Uber symbolise l’innovation digitale: en bousculant un marché, une plateforme crée de l’emploi, génère des gains de productivité et invite les institutions à se renouveler. »

Une idée de solution ? « Il faudrait réserver la maraude aux VTC et laisser aux taxis les courses les plus rentables » (Y. Crozet, économiste) : en effet, aujourd’hui « On a interdit aux VTC de faire de la maraude, c’est-à-dire prendre des passagers qui lèvent la main au bord du chemin », a expliqué l’économiste. « Cette maraude est réservée aux taxis mais eux ne souhaitent pas le faire parce que souvent ces passagers-là font de petites courses », a-t-il précisé. « Tout le monde est bloqué dans des situations qui ne sont pas souhaitables et c’est pour cela que la crise va durer »

Enfin, une étude sur le portrait des utilisateurs de taxis : Sans trop de surprise, des usagers majoritairement de milieu urbain, actifs et assez aisés. Distance moyenne déclarée : 11km pour 22€. (un résumé plus complet de l’étude est disponible sur demande sur le site)