liens du 03/02/2016 (dette technique)

Deux articles intéressants concernant la dette technique :

  • La revue d’un ouvrage de Bastien Jaillot, « La dette technique » :

    Prendre conscience de la dette technique, c’est envisager les choses sur le moyen et le long terme, et pas uniquement sur le court terme. La dette technique, c’est également prévoir le cas où un projet sera repris par une personne ou une équipe qui n’en était pas à l’origine : comment les composants seront compris et interprétés ? Est-ce qu’il y a une documentation ? Est-ce que tous les problèmes ont été résolus au moment de la livraison ? Etc.

  • Un post du blog d’Octo : maîtriser sa dette technique. Prendre conscience de son existence, la contenir, la réduire.

    Pourquoi la traiter ? Comme l’indique la définition, du code endetté va être plus difficile à faire évoluer car, pour cela, il faudra « rembourser la dette ». Investir pour garder la dette technique sous contrôle permet de conserver un système adaptable et d’éviter d’être bloqué.

liens du 01/03/2016 (covoiturage)

La fermeture récente du service de covoiturage sharette, pourtant partenaire de la RATP, met en lumière les difficultés à articuler les contraintes liées au covoiturage de proximité pour trouver un équilibre économique sur des petits trajets

Il faut dire que les contraintes peuvent apparaître comme rédhibitoires pour le conducteur, les montants en jeu peuvent sembler faibles et la disposition à absorber les aléas propres au covoiturage (petits détours ou encore petit retard de la personne prise en charge) est probablement moindre que sur un trajet de plusieurs centaine de km.

Il s’ensuite aujourd’hui une multitude d’acteurs sur un marché encore peu mature : Qui sera alors le Blablacar des petits trajets ? Si le leader du covoiturage longue distance regarde avec intérêt ce marché complexe, il n’a pas encore trouvé le bon modèle économique. De nombreuses sociétés s’y essaient comme Wayz-Up, iDVroom (SNCF), Citygoo, OuiHop’, Mapool, Karos, sans attendre Waze Rider, un service de Google.

Quelques démarches attirent l’attention, toutefois :

liens du 22/02/2016

[risques, sécurité, SNCF]  Les Français ont-ils une relation contextuelle aux règles ? Exploration culturelle à partir du cas de l’accident d’Eckwersheim : Très intéressant mémoire analysant les causes culturelles à l’accident lors du test de la ligne de TGV, centrée notamment sur le rapport aux règles en France.

La règle jouit d’une mauvais image en France

  • Rigide et contraignante, elle est perçue comme une restriction de la liberté individuelle
  • Les français ont tendance à l’adapter au contexte d’une situation donnée
  • Cette tendance constitue un risque pour la culture de la sécurité

Le rapport complet disponible ici

[paiement sans contact] Le paiement sans contact est entré dans les habitudes… en 10 ans. Il a donc fallu 10 ans pour que l’annonce du déploiement à venir du sans contact devienne réalité

Les chiffres du mois de décembre 2015 publiés par le Groupement Cartes Bancaires pour la France sont éloquents.

  • 35,6 millions de cartes bancaires (CB) sont sans contact, soit près de 60% du parc de cartes bancaire11,6 millions de cartes différentes ont été utilisées en sans contact, soit un tiers des cartes sans contact en circulation (en hausse de 12,3%)
  • 33,2 millions de paiements sans contact ont été réalisés pour un chiffre d’affaires de 347,65 M€ (en hausse de 22,4%),
  • et donc plus d’un million de paiement sans contact par jour en France. Et tout cela malgré le fait que…
  • le parc de commerçants installés est de 27,3 % toujours en progression certes mais ne représentant qu’un peu plus d’un quart des commerces. (354 708 commerces équipés en sans contact et environ 510 000 terminaux opérationnels).

liens du 15/02/2016 (rapport de la cour des comptes)

Plusieurs chapitres consacrés  aux transports dans le rapport de la cour des comptes :

Rien de réellement nouveau pour qui aura suivi le dossier, mais une intéressante remise en perspective, 5 ans après la fusion.

Quelques éléments notables : des taux de fraudes qui semblent en progression (depuis 2008). Un profil plutôt jeune et masculin. Et des taux plutôt élevés malgré un tarif plutôt bas.

Le taux parisien, de 8,9 % (chiffre de 2008), était le plus élevé de l’échantillon contre respectivement 1 %, 1,9 %, et 2,18 %, pour les réseaux de bus de Londres, Bruxelles et New York en 2009, sans même évoquer le réseau de bus de Singapour qui déclarait un taux de 0,089 %. S’agissant plus spécifiquement du métro, alors que le métro parisien connaît un taux de fraude oscillant entre 3 % et 5 %, il était de 1,5 % (en 2011) sur les réseaux de New York, Londres et Hong- Kong et de 1,1 % à Rome290. Le taux de fraude sur le métro berlinois était certes en 2012 de 6 %, mais ce taux atypique s’explique par l’absence de barrières de contrôle automatique pour accéder au réseau.

L’importance des taux de fraude sur les réseaux d’Île-de-France est d’autant moins explicable que le prix du titre de transport y est significativement plus bas que sur des réseaux étrangers comparables. Ainsi, avec un prix unitaire en 2015 de 1,80 €291, le ticket unitaire de la RATP figure parmi les plus bas d’Europe : il s’établit à 2,10 € à Bruxelles, 2,70 € à Berlin, et environ 2,82 € à Genève et 3 € à Londres. S’agissant des abonnements mensuels, le coût s’établissait en janvier 2015 à 70 € pour les zones 1 et 2. Ceci le situait dans la moyenne basse des capitales européennes pour des forfaits mensuels de couverture géographique similaire : s’il est de 49 € à Bruxelles ou d’environ 66 € à Genève, il est de 79,50 € à Berlin et de 157,82 € pour le réseau central londonien.

D’une façon générale, sont pointés le manque de coordination entre les différents acteurs, voire chez un même transporteur, la difficulté à maintenir une politique cohérente sur la durée, et la complexité (et la faible efficacité) des procédures de recouvrement.

Sans surprise, le coût global de la fraude pour les opérateurs, et in fine pour la collectivité, est pointé.

 

Parmi les insuffisances : certaines lignes restent très dégradées, un indicateur de perception qui se dégrade, des retards dans la maintenance du réseau.

liens du 10/02/2016 (VTC/taxis)

Grève de taxis : le conflit expliqué en 10 points : Un bon résumé des points de conflits entre les taxis et VTC, au delà de la qualité de service, la question de la maraude, électronique ou non : « La maraude ne représenterait ainsi que 10% de leur activité… [des taxis] ».

Derrière la grogne des taxis, le système Rousselet : Une enquête qui montre une situation Parisienne est assez singulière, avec une position très dominante et puissante d’un des acteurs, les taxis G7, ce qui n’est pas sans effets pervers, dans une activité très réglementée.

Taxis contre VTC : et si on passait à côté de la vraie question ? Ces nouveaux services ne viendraient pas forcément se substituer à l’activité des taxis, mais répondre à une demande non satisfaite aujourd’hui, créer des nouveaux marchés. « selon la même étude, Heetch ne peut être simplement considéré comme un substitut du taxi : les usagers de Heetch l’utilisent 4,7 fois par mois en moyenne, alors qu’ils utilisaient le taxi en moyenne 1,8 fois par mois avant d’utiliser Heetch. En cumulant les usages actuels de Heetch et du taxi, nous aboutissons à une moyenne de 5,1 déplacements par usager et par mois. La plupart des usages de Heetch viennent donc répondre à une demande qui n’était pas satisfaite par les taxis. »
A noter que Paris connaît une pénurie de taxis, comparativement aux métropoles de taille comparables.

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(source de l’image : article de l’obs cité plus haut)

Une étude sur l’impact économique des plateformes VTC : « L’application Uber a transfiguré le  secteur  des  véhicules  de  transports  avec chauffeur  (VTC)  en générant  des  gains  de  productivité considérables. En quatre ans, 10000 emplois de chauffeurs affiliés à la plateforme ont été créés en Ile-de-France. Une simplification administrative du marché des VTC pourrait permettre de  créer plus de  100000 emplois sur le territoire français. Le  cas Uber symbolise l’innovation digitale: en bousculant un marché, une plateforme crée de l’emploi, génère des gains de productivité et invite les institutions à se renouveler. »

Une idée de solution ? « Il faudrait réserver la maraude aux VTC et laisser aux taxis les courses les plus rentables » (Y. Crozet, économiste) : en effet, aujourd’hui « On a interdit aux VTC de faire de la maraude, c’est-à-dire prendre des passagers qui lèvent la main au bord du chemin », a expliqué l’économiste. « Cette maraude est réservée aux taxis mais eux ne souhaitent pas le faire parce que souvent ces passagers-là font de petites courses », a-t-il précisé. « Tout le monde est bloqué dans des situations qui ne sont pas souhaitables et c’est pour cela que la crise va durer »

Enfin, une étude sur le portrait des utilisateurs de taxis : Sans trop de surprise, des usagers majoritairement de milieu urbain, actifs et assez aisés. Distance moyenne déclarée : 11km pour 22€. (un résumé plus complet de l’étude est disponible sur demande sur le site)

liens du 25/01/2016

[normes, information voyageur, CEREMA]un bon récapitulatif des normes et standards en vigueur, et de leur articulation.

[covoiturage, idvroom, APRR, SANEF]iDVROOM ouvre les portes des autoroutes à ses abonnésL’accord passé consiste à mettre en place, à partir du 1er février 2016, un abonnement de télépéage Liber-T spécifiquement taillé pour le “covoiturage des trajets réguliers“. De quoi « économiser jusqu’à 33,80 € au cours de la première année d’utilisation », précise le communiqué cosigné par les trois partenaires.

 

liens du 20/01/2016

[CDC] Petit guide de la caisse des dépôts à l’usage des néophytes : Retour sur les missions et les défis de cette institution créée au début du XIXe siècle et qui célèbre cette année son bicentenaire.

[Keolis, numérique] Le groupe Keolis va lancer des applications innovantes pour ses voyageurs. « Le digital peut en effet être un outil très puissant et très utile. Un panel de salariés de Keolis a testé plusieurs applications pendant des mois, et nous en avons retenu 167 qui nous paraissent intéressantes. Maintenant, nous réfléchissons à en adapter certaines à des typologies de voyageurs. Cela passera par une grande enquête auprès de 3.000 utilisateurs de nos réseaux, notamment à Bordeaux, qui durera trois mois. Nous retiendrons cinq applications que nous produirons en interne, ou que nous déléguerons à des start up. »

[application mobile, coût] combien coûte le développement d’une application comme tinder ? Au delà de la nature de l’application, des éléments de coût intéressants pour les ordres de grandeur. (environ 40.000$ pour les deux plateformes iOS et android, 4 mois de développements)

liens du 13/01/2016

[mobilité, numérique, Keolis] Les futurs services digitaux de Keolis identifiés : Eric Chareyron et Bernard Cathelat, sociologue de l’Observatoire Netexplo ont présenté, le 12 janvier 2016, les quatre priorités retenues sous forme de quatre scénarios :

  • le senior demandeur d’une hypersimplification de ses déplacements et d’un guidage porte-à-porte
  • le geek qui souhaite une personnalisation sur-mesure et une adaptation en temps réel
  • le visiteur de passage qui souhaite vivre une expérience immersive en bénéficiant des bons plans des habitants
  • la personne en situation de fragilité qui a besoin de l’aide d’une communauté d’ambassadeurs.

[Tesla, Véhicule électrique, business model] « Tesla est condamné », répète Bob Lutz, ancien de General Motors : « Tesla reste condamné parce qu’ils ne produisent que deux modèles à un coût élevé et perdent quasiment 35.000 dollars par voiture fabriquée. Ils ne font que brûler de l’argent. Ils ne font que perdre de l’argent », a déclaré M. Lutz, en marge du salon automobile de Detroit (…) Depuis sa création il y a 13 ans, Tesla n’a pas encore dégagé de bénéfice malgré son succès boursier et une image positive et d’innovateur dans l’opinion.

[stif, navigo] Passe Navigo unique : une «ardoise» de 300 M€ à combler : avec des forfaits à 70 € par mois ou 770 € l’année, là où certains voyageurs payaient jusqu’à 1 125 € (forfaits 1 – 5 zones), la nouvelle patronne de la région estime que l’ardoise se chiffre à 300 millions d’euros.

[Régions] Régions : qui sont les nouveaux vice-présidents transports ? les noms des responsables transports désormais tous connus

[autocar, bilan, 2015] La longue distance continue son ascension  : 620 000 personnes ont voyagé par autocar sur des lignes longue distance en 2015 contre 110 000 usagers un an plus tôt. … classement des opérateurs les plus actifs avec en tête Transdev avec 27,2% de parts de marché, Ouibus (25,6%), Flixbus (18,1%), Megabus (15,6%) et Starshipper (5,3%). Côté prévision le portail table sur 4 millions de voyageurs en 2016.

liens du 06/01/2016

[Londres, IV, techno] London bus stops embrace e-paper : Transport for London is trialling e-paper bus stops that can display real-time travel information. Fitted with solar-powered panels, they show how long passengers have to wait for the next buses, as well as route maps and timetables.

[Grand Paris, institutions] intéressante émission sur le Grand Paris, avec Pierre Veltz (assez orientée problématique institutionnelles)

[Véhicule Autonome] Trop lente, trop prudente… La longue marche de la voiture autonome : Les voitures robot ont ainsi été impliquées dans 11 accidents depuis le début des tests, soit 9,1 accidents par million de miles conduit, contre 4,1 pour les voitures conventionnelles. Et on dénombre 0,36 blessure – légère – par accident, contre 0,25 dans le cadre d’une conduite classique. (…) Trop lentes, certaines Google Cars surprennent en outre par leur freinage immédiat en cas de danger repéré par les capteurs (…) Par exemple, la place de la Madeleine à Paris, avec uniquement des voitures sans pilote, c’est l’horreur, personne ne bouge. (…) Avec la question sous-jacente : faut-il autoriser les voitures autonomes à enfreindre la réglementation dans certaines situations pour prendre des décisions plus agressives ?